Budget de la déviation d’Oloron : pour 20M d’€, le compte n’y est pas !

Le déficit du plan de financement de la déviation d’Oloron-Sainte-Marie a été abordé lors de la réunion annuelle du comité de sécurisation de la RN134 qui s’est tenu le 09/12/2020 à Oloron.

Sur la base des informations connues et de celles officiellement communiquées lors de cette réunion, l’Association Protection Haut-Béarn Environnement estime que le déficit de ce plan de financement est, à ce jour, d’au moins 20,25 millions d’euros.

Nous saluons également la position de la préfecture qui se refuse à autoriser le démarrage des travaux tant que le plan de financement du projet ne sera pas entièrement bouclé.

Pourquoi le plan de financement mis à jour au 09 décembre 2020 affiche un déficit d’au moins 20,25 millions d’euros ?

En mai 2016, le Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine s’était engagé à compenser l’engagement du département 64 dans le financement de la déviation d’Oloron-Sainte-Marie par une majoration de sa participation à d’autres projets départementaux (Université, très haut débit, plan montagne). (Source1). Le montant retenu pour cette participation indirecte de la région au financement de la déviation d’Oloron fut de 15 millions d’euros.

Ainsi, le conseil régional devait par exemple financer trois projets universitaires dans le département, à hauteur de 5 millions d’euros chacun : l’Iprem II (Institut pluridisciplinaire de recherche sur l’environnement et les matériaux), sur le site d’Helioparc à Pau, l’ISA BTP, (Institut Supérieur Aquitain du Bâtiment et des Travaux Publics) à Anglet et l’ESTIA (Ecole Supérieure des Technologies Industrielles Avancées), au technopole Izarbel à Bidart. (Source 2)

C’est grâce à cette participation financière de la région, sous forme de compensation, que le département des Pyrénées-Atlantiques a directement augmenté de 15 millions d’euros sa propre participation  au projet de déviation et bouclé par la même occasion son financement, dont le coût était alors estimé à 77 millions d’euros.

Or aujourd’hui, presque 5 ans après, la région semble bien avoir revu sa position. D’une part aucun budget correspondant aux engagements pris ne semble avoir été voté par le conseil régional depuis 2016. D’autre part, lors de la réunion annuelle du comité de sécurisation de la RN134 qui s’est tenu le 09/12/2020 à Oloron, il a été rappelé avec force par les représentants de la région, qu’elle ne participerait en aucun cas au financement de la déviation d’Oloron.

A ce jour, les 15 millions d’euros promis par la région Nouvelle Aquitaine en 2016 font donc défaut dans le financement de la déviation d’Oloron. Ils doivent être ajoutés aux 5.25 millions d’euros qui ne sont pas encore financés suite à l’augmentation du coût du projet (hausse de la participation de l’Etat incluse). Le projet est aujourd’hui officiellement chiffré à 92 millions d’euros.

Enfin, le 26 juin 2020, le conseil départemental des Pyrénées Atlantiques, votait l’utilisation d’une partie du budget de la déviation d’Oloron pour financer des réparations et travaux en d’autres endroits du département, aggravant ainsi le déficit du plan de financement de la déviation dans des proportions qui n’ont pas été rendues publiques. 

En conclusion, l’association Protection Haut Béarn Environnement considère qu’il manquerait à ce jour, au minimum 20,25 millions d’euros pour boucler le financement de la déviation d’Oloron Sainte-Marie.

Notons que les différentes conseillères départementales et conseillers départementaux que nous avons sollicité depuis le mois d’août 2020 pour tâcher d’obtenir des informations plus détaillées sur les aspects budgétaires n’ont pas donné suite, ou déclaré qu’ils ne connaissaient pas le détail des budgets pour lesquels ils votent.

Enfin, le sujet du financement est probablement loin d’être réglé, dans la mesure où le coût global du projet augmente mécaniquement chaque année (en moyenne 3,3 millions d’euros depuis 2003) et que les moyens financiers du département des Pyrénées Atlantiques vont être drastiquement réduits dans le contexte de crise économique que nous traversons.